Photo de Michel Bühler

Avouons-le, je le connaissais peu et même que de nom. Question de génération et de goûts musicaux aussi sans doute. C’est Eric Favre, ancien vice-président de l’EFV mais toujours chroniqueur prolixe dans notre Journal, qui m’avait aiguillé vers lui avec raison pour notre traditionnelle grande interview. Le célèbre chanteur engagé vaudois Michel Bühler gagne à être connu. Sa trajectoire est inspirante. A 76 ans, l’homme a évidemment pris quelques rides mais plus important, il n’a en revanche pas totalement renoncé à ses idéaux de jeunesse (lesquels font écho à ceux de notre organisation) comme nombre de soixante-huitard l’ont fait sans même toujours se l’avouer. Une petite flamme humaniste brille dans ses yeux et dans son cœur. On l’aperçoit clairement même derrière un épais voile de pudeur. De cette rencontre, je retiens aussi la confirmation de la valeur de l’enracinement. Être de quelque part, de Sainte-Croix en l’occurrence pour Bühler, reste fondamental dans la vie d’un homme. Connaître son pays, ses traditions, son histoire et ses voisins. Les aimer autant que possible avec leurs qualités et leurs défauts. C’est une force, une ligne directrice, une rampe de lancement. Sans cela, il n’est pas de véritable ouverture à l’autre ni à soi possible quoi que veuille parfois nous faire croire l’air du temps qui tôt ou tard passera faute de véritable enracinement dans le concret... Bonne lecture.

Laurent Grabet